Les bois qu'on emploie
Le douglas est notre bois de structure. Il vient d'une scierie à quinze kilomètres de l'atelier. Voici pourquoi, et ce qu'on emploie ailleurs.
Une charpente dure si le bon bois est au bon endroit. La question n'est pas « quelle est la meilleure essence » mais « quelle essence pour cette pièce-là, à cette exposition-là ». C'est ce que codifient les classes d'usage, de 1 à 5, selon la norme EN 335.
Le douglas, notre bois de structure
Le douglas est ce que nous employons pour l'ossature des zomes et l'essentiel de nos charpentes.
Il est naturellement classe 3. Autrement dit : il tient en extérieur, à l'abri du contact avec le sol, sans traitement chimique. Ce n'est pas un détail de confort. Un traitement coûte, il se refait, et il finit dans le bâtiment que vous habitez. Un bois qui s'en passe est un bois qu'on préfère.
Il est aussi stable, droit de fil, et facile à travailler à la machine comme à la main — ce qui compte quand chaque losange d'un zome doit tomber au millimètre. Sa teinte tire sur le rose et le rouge ; elle grise dehors avec le temps, et c'est normal.
Nous l'achetons à Bois de la Vallée du Job, une scierie située à quinze kilomètres de l'atelier, qui se fournit dans les forêts pyrénéennes. Le circuit court n'est pas un argument de plaquette ici : à cette distance, on va voir les montants avant de les acheter, et on repasse si un lot ne convient pas.
Les autres essences
Le chêne européen. Dense, très durable, riche en tanin. On y va pour les pièces maîtresses d'une charpente traditionnelle et pour les reprises sur bâti ancien, où il faut répondre à l'existant. Il est lourd, il travaille en séchant, et son tanin marque les métaux et les enduits : il demande des assemblages pensés pour lui.
L'épicéa. Léger, économique, facile à clouer. Il est en classe 2 : il reste à l'intérieur, au sec. Ossatures abritées, lambris, planchers.
Le châtaignier. Naturellement durable, disponible dans le Sud-Ouest. C'est notre alternative locale au douglas pour du bardage ou des éléments exposés.
Le peuplier. Un bois de pays qu'on sous-estime : très léger, peu nerveux. Il a sa place là où le poids compte plus que la résistance mécanique.
Les panneaux et les isolants
Une ossature n'est pas faite que de bois massif. Le contreventement et l'étanchéité à l'air passent par des panneaux — OSB, Agepan, DWD selon la paroi et sa perméabilité à la vapeur. Ce n'est pas interchangeable : un panneau fermé côté extérieur enferme l'humidité dans la paroi.
Pour l'isolation, nous travaillons avec des isolants biosourcés : laine de bois, laine de chanvre. Ils isolent l'hiver comme les autres, mais leur densité leur donne un déphasage bien supérieur en été — la chaleur met plus longtemps à traverser. Sous une toiture de zome exposée plein sud, c'est ce qui fait la différence entre une pièce habitable en août et une pièce qu'on déserte.
Ce qu'on ne promet pas
Aucune essence n'est éternelle, et aucune ne dispense d'entretien. Un bardage exposé grisera. Une terrasse en classe 4 mal ventilée pourrira, quel que soit le bois. Ce qui fait durer un ouvrage, c'est d'abord la conception : une goutte d'eau qui s'évacue, un bois qui sèche entre deux pluies, un pied de poteau qui ne baigne pas.
Le reste — la scierie, la classe d'usage, le déphasage — vient après.


